Sexualité féminine et subjectivité
Par passion psycho le Déc 6, 2010 | Dans Bienvenue, Sexualité, Femmes | 3 retours »
Voici un sujet sur lequel je réfléchis depuis un petit moment déjà et qui me tient particulièrement à cœur. J'ai beaucoup hésité avant de le publier, mais finalement me voilà décidé à vous faire part de mon point de vu au sujet de l'importance de la subjectivité dans la sexualité féminine.
Je soutiendrai ici que la part de la subjectivité dans l'interprétation de la sensation sexuelle est nécessairement plus importante chez les femmes, et que cette même subjectivité est à l'origine du plaisir ou du déplaisir qu'elles pourront ressentir durant l'acte sexuel. Je suis partisan de ceux qui pensent, qui défendent et qui affirment que le sentiment de plaisir et de déplaisir ne dépend pas de la technique sexuelle mais de tout ce qui a autour. Rappelons nous que le plaisir, c'est avant tout dans la tête que ça se passe !
Sensation, sens subjectif et sens objectif
J'aurais due vous en parler plus tôt, mais ma réflexion est fondée essentiellement sur un point de vu théorique de la philosophie Kantienne, que je vais réinterpréter (à mon niveau d'étudiant).
Dans son œuvre « Anthropologie d'un point de vue Pragmatique », Emmanuel Kant a définit deux classes de sens organiques : les sens objectifs et les sens subjectifs. Les sens de la première classe sont le toucher, la vue et l'ouïe, les seconds sont le goût et l'odorat. Pour Kant, les sens objectifs se rapportent d'avantage à une connaissance externe de l'objet pour laquelle on pourra facilement tomber d'accord avec autrui, alors que pour les sens subjectifs la représentation qui se forge d'eux est d'avantage celle de la jouissance, et la manière dont nous nous en sentons affectés est différente et personnelle. Une troisième différence entre les sensations issues de ces deux classes de sens, qui est justement au cœur de ma réflexion, se trouve dans la relation entre le corps et l'objet pour qu'il soit perçu. En ce qui concerne la sensation issue des sens objectifs, l'objet se situe à l'extérieur du corps pour être perçu, alors que dans le cas des sensations issues des sens subjectifs, l'objet doit nécessairement être incorporé pour être perçu. Par exemple je dois renifler une rose pour sentir son parfum et je doit mettre en bouche un met pour pouvoir apprécier son goût.
Puisqu'une femme doit incorporer l'objet de désir à savoir le phallus pour éprouver la sensation sexuelle, l'interprétation de la sensation aura une part importante de subjectivité.
Expérience cognitive : couleur et goût
On peut facilement illustrer l'impact des sens objectifs sur les sens subjectifs grâce à une célèbre expérience de psychologie cognitive qui montra à quel point l'homme vit dans une illusion perpétuelle de l'interprétation de ses sens :
Cette expérience eu lieu dans un amphithéâtre avec plus d'une centaines de sujets étudiant à l'université. Les expérimentateurs donnèrent à chaque participant un petit pot ayant un contenu de couleur rose et un autres de couleur orange. On leur demanda ensuite de dire lequel de ces petits pots sentait l'orange et lequel sentait la fraise. La quasi totalité des sujets répondirent que le petit pot ayant un contenu de couleur orange sentait l'orange et que le petit pot avec le contenu rose sentait la rose. En réalité c'était le contraire ! Les sujets avaient tout simplement été trompés par leur sens objectif, à savoir ici la vue, qui avait en quelque sorte inhibé la sensation subjective, ici l'odeur. Nous pouvons en conclure que les sens objectifs ont en quelque sorte une priorité sur les sens subjectifs dans l'interprétation cognitive.
On peut donc facilement s'intéresser à l'impact des stimuli visuels, tactiles et auditifs dans l'interprétation subjective de la sensation sexuelle chez la femme. Un autre exemple pourra démontrer que la modalité sensorielle objective qui a le plus d'impact sur les autres, est la sensation auditive. Car, quand les sujets trompés de l'expérience précédente ont appris la farce, ils ont immédiatement re-sentis l'odeur adéquate. Mais si on leur avait dit qu'il s'agissait en réalité de noix de coco, ils l'auraient assurément sentis (avec l'odorat). D'autres expériences ont montré qu'un même stimuli odorant peut être interprété d'une infinité de manières différentes en fonction de ce qui est dit au sujet non informé à propos de la véritabilité de l'objet.
Conclusion
Je pense que le plus important en ce qui concerne le sentiment de plaisir sexuel chez une femme, dépend intimement de ce que son partenaire lui dit au sujet de ce qu'il pense et de ce qu'il ressent pour elle, avant, pendant et après l'acte sexuel. Mais, le malheur pour ces dames et ces demoiselles, est que bon nombre d'hommes ont beaucoup de mal à se servir de leur cerveau dans ces moments si charnelles...
Et d'un point de vu un peu plus cosmopolite, je pense que quand les sociétés modernes auront compris qu' il est temps de reconnaitre la sexualité féminine comme étant quelque chose de sacré, nous verrons alors disparaître toutes les maladies de l'amour, et nous verrons alors les femmes nous ouvrir toutes les portes de leurs jardins secrets.
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